The Evil Within 2

Sorti il y a un mois, The Evil Within 2 est un jeu de survival horror (cela dit, autant vous avertir tout de suite que l’on reviendra nuancer ces termes plus bas). C’est de toute évidence une suite qui a de bonnes intentions, mais qui ne parvient pas à être réellement digne du premier jeu…

theevilwithin2-1

Oui, techniquement, il est au-dessus du premier. Les environnements sont un peu plus beaux graphiquement. Je n’ai d’ailleurs pas vraiment noté de bugs. Oui, le maniement a été certainement un peu assoupli, même s’il reste volontairement bridé par rapport à d’autres jeux : comme dans le premier, c’est clairement un choix pour renforcer le côté « survie ». Je l’avais déjà mentionné dans ma critique du premier jeu. On ne peut par exemple pas vraiment voir plus que ce que le personnage voit. On ne peut pas sprinter très longtemps. Ou encore, notre visée est instable. C’est d’ailleurs très lourd au début, tant le personnage semble sous-équipé face à l’univers toujours aussi particulier et agressif du STEM. C’est pourquoi le jeu nous propose d’acheter des améliorations au fur et à mesure qu’on gagne en expérience. Je vous conseille fortement de jeter votre dévolu sur la stabilité de la visée, et surtout la jauge d’endurance !

Tout cela m’amène à dire que The Evil Within 2 est un vrai survival horror en début de jeu (je vous précise avoir démarré en normal, sans pack bonus puisque je l’avais activé trop tard… et tant mieux finalement !). On a très peu de munitions, et on meurt en quelques coups, si bien qu’être face à trois ennemis standards pose un véritable danger. Autant vous dire que j’avais très peur de me retrouver face à des boss quand j’ai vu à quel point j’étais dans le pétrin dans une situation « normale » en début de jeu.
Vous noterez que je n’arrête pas de préciser « en début de jeu ». En effet, il se trouve qu’une fois quelques améliorations acquises, et après quelques petites heures de rodage au gameplay et à l’IA, on finit par saisir comment fonctionne ce petit monde. Non seulement, on devient plus fort, mais surtout, il apparaît vite que les ennemis sont …totalement idiots et se découragent en deux secondes chrono si on prend la fuite ! Par conséquent, mon problème de manque de munitions s’est facilement réglé : attirer la horde, se cacher 10 mètres plus loin, puis attaquer par derrière les plus proches, et recommencer ainsi jusqu’à victoire. Oui, parce que même si les ennemis nous voient se cacher, ils en sont presque à hausser les épaules et repartir blasés. J’exagère à peine !

De toute évidence, c’était quelque chose d’impensable dans le premier jeu ! Si l’on réussissait assez régulièrement des attaques furtives, on les méritait, dans le sens où si on était repéré, il était peu évident et peu probable de réussir à se cacher de nouveau. Or, dans cette suite, une attaque furtive échouée n’a pas d’importance puisqu’il suffit de partir en courant pour recommencer. Et peut-être est-ce dû à la plus grosse différence par rapport au premier jeu : le monde est ouvert (ou tout du moins semi-ouvert, puisqu’il fonctionne par quartiers de ville nous laissant libre d’aller où l’on veut, avec des objectifs principaux et secondaires. A noter que généralement, les objectifs secondaires sont en fait importants, contrairement à moult autres jeux !). Dans le premier jeu, on était en perpétuelle fuite en avant, bien souvent dans couloirs étroits. On est nettement moins chlaustrophobe ici ! En soi, ce n’est pas un inconvénient. Je dirais même que cette nouvelle approche est bienvenue tant elle donne réellement envie d’explorer les lieux. Il y avait même un côté un peu technique dans la survie au début, où j’ai attendu de revenir à certains endroits parce que je ne trouvais pas Sebastian assez fort. Le problème, c’est donc que l’IA ne se déplace pas assez sur la map pour tenter de nous attaquer.

Ce qui m’amène à dire que les quelques heures de véritable survie cèdent rapidement la place à un jeu d’action à tendance horrifique. Le fait est que je n’ai finalement pas eu peur en jouant à ce jeu. Et si je ne recherche pas la peur absolue (puisque je serais alors incapable de jouer !), le premier jeu m’avait marquée parce qu’il instaurait de véritables moments d’angoisse, du début à la fin. The Evil Within 2 n’impressionne malheureusement jamais, si bien que j’ai personnellement très vite avancé tranquillement, comme j’avancerais dans un Uncharted ! Même les boss, tout sympas qu’aient pu être les combats qu’ils proposaient, ne faisaient aucune impression mémorable, à part peut-être le dernier qui fonctionnait bien grâce à son inclusion forte dans le scénario (malgré le côté déjà vu côté gameplay). Tous les boss étaient très faciles à affronter. Ce qui leur manquait était donc peut-être aussi de réellement s’ancrer dans cet univers, là où tous ceux du premier étaient réussis et racontaient quelque chose ! D’ailleurs, sans trop spoiler au cas où vous n’ayez pas fait le jeu et soyez intéressés, un des rares moments stressants de fin de jeu se trouve être précisément lorsqu’on est remis face à certains boss du premier jeu ! Un comble !

J’en arrive ainsi au scénario, et c’est ma plus grande déception ! Oui, je suis une folle qui joue en partie (assez importante !) pour l’histoire. Et il se trouve que j’ai adoré l’univers et le potentiel infini du premier jeu. J’en attendais beaucoup de cette suite, même si j’avais été un peu refroidie à l’idée d’emprunter la piste de la fille miraculeusement en vie de Sebastian, quand la porte était ouverte pour explorer davantage Ruvik/Leslie et Mobius. Finalement, le jeu fait le choix de tout miser sur Sebastian et sa famille, en massacrant d’ailleurs le potentiel de Mobius dans l’histoire… Et je trouve qu’un point du scénario ne se tient pas concernant Myra, mais j’y reviendrai sûrement dans un article dédié au scénario, comme je l’avais fait pour le premier jeu. Sauf que j’aurai moins de choses à en dire à cause de la perte de richesse scénaristique, et aussi moins de choses positives, puisque le jeu fait régulièrement échouer son potentiel. En fait, seul Sebastian s’en tire bien puisque le personnage se dévoile bien plus que dans le premier. Malheureusement, tous les autres personnages ne sont qu’un prétexte à peupler ce jeu (Kidman et Lily incluses, alors ne parlons pas des potiches qui veulent nous vendre les quêtes annexes, pourtant intéressantes en soi). Je trouve qu’avant, on avait plus de personnages riches servant de piliers à l’histoire (Sebastian moins développé certes, mais quand même bien esquissé avec son journal, Kidman, Ruvik, Jimenez, et dans une moindre mesure Leslie ou encore le mystérieux Joseph).

Toutes leurs personnalités imbriquées dans le STEM donnait une richesse complexe à l’univers, aux monstres et aux endroits visités. Or, à part le premier antagoniste, personne ne semble ici réellement faire vivre ce nouveau STEM ! Et même en faisant quelque chose du contexte moins riche, il y aurait eu de quoi développer des idées originales : la ville utopique que l’on voit bien plus se dégrader (avec une virée au cauchemar plus progressive, dans le sens où ce n’est pas tout de suite rempli de monstres, et où il reste plus de survivants, notamment civils !). Ou encore, puisque Lily est liée au coeur même de ce STEM, la voir influencer elle-même le STEM, avec des peurs d’enfant ! On aurait pu avoir des ennemis (voire des boss) assez originaux si ça avait été le cas. Les seuls moments où on semble aborder indirectement l’inconscient et son influence sont quand Sebastian hallucine Beacon (ironiquement, sûrement mes passages préférés) : j’aurais bien aimé qu’il finisse par se faire un mix des deux lieux horrifiques !

De manière générale, le scénario et ses points forts ou faibles vont de paire avec ce qui fonctionne ou pas dans le jeu en lui-même : la première moitié, si l’on fait abstraction de l’IA ridicule, est plutôt plaisante dans son ambiance, fonctionnement et environnements. Même si notre ennemi photographe n’a pas la prestance d’un Ruvik, il a sa propre griffe, et propose une certaine vision du STEM (et puis, après tout, pourquoi pas partir sur le STEM en version serial-killer-artistique ?). Malheureusement, toute la deuxième moitié tombe à l’eau avec des environnements monotones et peu intéressants, à l’image d’un ennemi totalement plat et improbable (qui semble d’ailleurs tout droit sortir de Resident Evil 4 pour le côté culte et volonté de domination du moooooonde). Autant dire que c’est quand même la douche froide. The Evil Within 2 se rattrape alors tant bien que mal avec une histoire tournant plus au « drama » et à l’émotion sur la fin, avec un joli chapitre dans les limbes (oui, l’inspiration d’Inception est toujours là et elle fonctionne encore !). Ce qui prouve d’ailleurs que le monde du STEM a toujours du potentiel, même dans cette suite pourtant décevante. Mais le fait est que la plupart du temps, c’est quand on plonge dans des décors venus du premier jeu avec la mystérieuse femme chantant qu’on est le plus happé par ce que TEW2 propose ! (En tout cas, c’est l’impression que j’en ai personnellement retirée).

theevilwithin2-2

Conclusion : Impossible de nier que l’aura du premier jeu pèse lourdement sur cette suite qui n’est tout simplement pas à la hauteur. Beaucoup plus facile et nettement moins angoissante, elle a peut-être volontairement été rendue plus accessible (accessible une fois les premières heures de jeu passées : parce qu’encore une fois, le début est très délicat et à l’image du premier jeu). Les problèmes d’IA trop paresseuse et de scénario moins ambitieux et riche n’arrangent pas non plus les choses. Certes, ce n’est pas un jeu désagréable à faire malgré tout (et surtout malgré mes reproches assez nombreux). Mais ce n’est finalement qu’un TPS aux allures horrifiques, bien loin d’exploiter tout son potentiel (que ce soit pour le scénario, les ennemis, l’IA, les environnements et j’en passe).

Note : 6,5/10

PS : je souhaite tenter une Nouvelle Partie +, mais j’avoue hésiter à le faire en difficulté supérieure, juste histoire de voir quel effet (sûrement positif ?) ça pourrait avoir sur mon ressenti. Sachant que le mode normal du premier jeu avait été amplement et suffisamment difficile pour moi 😛 Mais celui de cette suite me semble carrément correspondre au facile du premier…

5 réflexions sur “The Evil Within 2

  1. C’est bien précisé lorsque tu dois sélectionner le mode de difficulté, celui qui correspond au mode Normal du premier opus c’est le mode Cauchemar. Personnellement j’ai lancé ma première partie dans ce mode et je n’ai malgré tout pas retrouvé la difficulté du premier opus, même si certains passages étaient assez chauds par moments (en particulier la fin puisqu’il y a beaucoup d’action) 😉

    1. Je n’ai pas fait attention à ce qui était écrit en-dessous (enfin, il me semblait pourtant vaguement avoir jeté un oeil, mais j’ai pas vu de comparaison avec le premier jeu, c’était peut-être pas pour ce jeu-là que j’ai regardé 😛 ). Pour le coup, je trouve ça idiot : pourquoi le normal est maintenant le difficile ?

      Est-ce que du coup, l’IA est meilleure ? Parce que si elle n’abandonne pas le combat au bout de 10 mètres, ou au bout d’une haie, ça pourrait m’intéresser. Si on retrouve quelque chose de plus proche que le premier côté difficulté/ambiance, ce sera toujours ça de pris.

      1. À mon avis ils ont voulu adapter la difficulté à plus de joueurs pour toucher un public plus large. C’est vrai que le premier opus était très difficile, même en mode normal, et j’en connais qui ont abandonné à cause de ça. En mettant trois niveaux de difficulté ici, ils s’adaptent au système de n’importe quel jeu et ça permet à tout le monde d’y trouver son compte (même si foncièrement, cet opus est clairement moins difficile que le premier).

        L’IA meilleure je serais tenté de dire oui, mais ça doit pas être le fossé non plus. Je n’ai pas souvenir que les ennemis abandonnaient leur poursuite à moins que je ne sois très loin ou que je ne sois plus dans leur champ de vision, ou alors ça ne m’a pas marqué haha ! En revanche j’ai pu remarquer qu’il y avait un peu plus d’ennemis et que les ressources étaient moins nombreuses forcément. Mais dans le fond hormis en cas de dégâts (certains font très très mal) je ne suis pas sûr que ça change le jeu tant que ça.

      2. Mary_macready

        Hey ✨✨✨✨✨

        +++

        Cette suite , est plutôt bien réalisé graphiquement , je me souviens du niveau 3 dans TEW1 , où les graphismes dans la phase éclairés étaient très baveux et moches .

        Les décors sont plus vastes , les boss ont prit de l’envergure , c’est agréable , même si on perd en sueur froide .

        – – –

        La difficulté est moins présente ,
        Une fois notre héros upgradé , c’est roue libre .
        De mémoire j’ai du galéré une seule fois dans le jeu car j’avais manqué l’arbalète au carreau électrique dans ma 1ere save pour venir à bout des abominations qui sortent du sol .

        Le foutage de gueule de nous faire ré —affronté les boss du 1 successivement …

        Un affrontement final moins diabolique que dans TEW1.

        Au passage ,
        en parlant d’affrontements ,
        Le boss dans le parking level 10 du 1 … était juste un cauchemar.
        Je m’y suis repris à 7 essais pour finalement le paralysé , pour enfin l’exécuté avec ma dernière balle de pistolet .
        Dantesque !

        Je n’ai pas éprouvé uneseule fois cette sensation dans le 2 ,
        hélas .

  2. Mary_macready

    J’ai découvert la saga résident evil en 1996 sur psx,

    J’étais terrifié à chaque ouverture de portes ,
    Ces énigmes , ces aller retour incessant, ces mémorisations de la configuration du manoir ainsi que ces objets qui la compose ,
    Il n’y avait pas internet à l’époque , et je n’avais pas de guide soluce et je devais avoir 5-6 ans lol .

    Il fallait avoir le cran de retourner dans les endroits , surtout dans la salle du billard dans la 2nde maison …

    Puis le 2 – 3 – code veronica – 0 – 4 – 5 – 6 – 7 ( en vr ) ainsi que ces dérivés ( outbreak / gun survivor / révélations )

    J’ai eu la chance de les finirs tous et à plusieurs reprises au moment de leurs sorties respectives , sur chaque console ( je les collectionne )

    A ce propos veronica ( pas le X ) sur dreamcast est l’expérience la plus folle que j’ai réalisé , selon moi la suite tant attendu du numéro 1 , le meilleur de la série ( un des plus flippants )

    Revenons au sujet du 2 :

    Magnifique ,
    Flippant / gore / quelques libertés de scénarios plutôt habile ( malgré le manque d’araignée dans les égouts à l’instar de l’original )

    En revanche une pointe de déception au vue des scénarios a et b .

    L’intérêt de la version 98 , était mr.x dans le B .
    L’intègrer au scenzrio À est du gâchis à mon sens , et motive pas à faire le B du remake.

    J’attends avec impatience de savoir si le re village intégra la vr …
    Malgré que je trouve le 7 décalé au point de vue scenaristique …

    Et c’est ce qui me motive , dans cette saga .
    Le scénario du 1 est parfait , l’histoire ce tient .
    Pas comme la scene du 0 , où on se retrouve avec un scorpion géant sur le toit d’un train 😂🤣 par exemple …

    Dsl du double post 🙃

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s